la table ouverte en entreprise pour créer du lien et écouter

Les grandes entreprises ont parfois mis en place des « dispositifs » appelés « table ouverte ». Il s’agit d’inviter, régulièrement, le « bas’ de la pyramide à un repas dit informel avec le « haut » de cette même pyramide. A écouter les employés, ce système serait faussé: on leur demande de préparer leurs questions, les réponses sont convenues, l’échange n’est pas vraiment libre… peut-être en attendent-ils trop ? peut-être le terme même de « dispositif de table ouverte » ferme t’il les envies, la spontanéité ?

Jusqu’ici en tout cas, je n’en avais pas une image rutilante, même si je trouvais l’idée constructive. Entendre, de la part du terrain, la réalité des préoccupations, les réussites, les difficultés, me semblait une heureuse manière d’éviter les distorsions de perception, les interprétations, bref les écarts entre le modèle et la vision et la concrétisation des décisions.

(En aparté je constate qu’au sommet du gouvernement on tente actuellement la même chose, avec les visites de deux jours en région, au contact des « vrais gens (sic) »)

Jusqu’ici, donc, car j’ai découvert une manière de faire de cette pratique une excellente pratique, qui maintient la proximité, crée du plaisir, des attentes, du résultat. Il s’agit d’inviter, pour leur anniversaire, une fois par mois, les salariés d’une entreprise à déjeuner avec leur « grand patron », accompagné, selon les cas (et leurs dates d’anniversaire aussi) quelques chefs de service. L’ensemble ne concerne pas plus de 8 à 10 personnes par repas. Voici les verbatim des participants

– on voit arriver la date de son anniversaire et on recueille les messages à faire passer

– c’est quand même plus sympathique qu’un face à face où on est tendus

– au fil du déjeuner lui comme nous on est plus naturels

– c’est une bonne occasion de parler aussi d’autre chose que de boulot

– ce n’est pas du tout comme une réunion, mais il donne suite à pas mal de choses qu’on évoque à peine ensemble

Bon, l’un d’entre eux m’a avoué tout de même qu’il se débrouille chaque année pour être en repos le jour de son anniversaire pour éviter cela… et le féter en famille !

 

Valentine Chapus-Gilbert

Publicités

Les mots des managers de proximité ….

C’est vrai que l’on ne vit pas dans le monde merveilleux des « Bisousnours » mais quand même…

Comment ne pas entendre les maux des managers de proximité ?

  • « Je n’arrive pas à gérer mon temps et je voudrais couper mon ordinateur… »
  • « Je ne sais pas soutenir l’attention de mon équipe quand je l’anime… »
  • « J’ai du mal à vendre mes idées… »
  • « J’ai du mal à planifier mes travaux hebdomadaires… »
  • « Je voudrais savoir qui s’intéresse à mes reportings puisque je n’ai jamais de retour…»
  • « J’ai envie de co – responsabiliser mes collaborateurs…. »
  • « J’ai envie d’optimiser l’utilisation de ma messagerie…. »
  • Etc…

 

Des mots pour exprimer leurs maux…C’est déjà important…Mais pas encore suffisant….

Quand on en analyse les causes on se rend compte que certaines de ces insatisfactions pourraient être corrigées de manière simple et peu coûteuse :

  • Par une sollicitation plus fréquente des managers de leur manager (« mon chef est mon meilleur allié ») – Dans la pratique c’est rarement le cas par crainte d’être jugé ou évalué, par oubli ou par manque de temps….
  • Les managers de managers pourraient être plus souvent aux côtés de leur manager pour détecter ces « difficultés » et surtout pour les aider ensuite à les améliorer.
  • Par des groupes d’échanges de pairs : bien souvent les difficultés rencontrées sont partageables et surtout « ré solvables ». – A plusieurs les solutions peuvent émergées alors que seul, on tourne en rond, on n’a pas de miroir ni suffisamment de recul…

Plus le temps passe plus les maux s’enracinent et deviennent complexes à traiter et même impossible à résoudre : le cercle vertueux de l’amélioration continue devient alors un cercle vicieux… 

Marine COUSIN-BERNARD