Mes conseils du jour

Je sors à l’instant du comité de pilotage d’un projet et suis très pressée de vous faire partager les 6 trucs que j’ai identifiés comme déterminants pour la réussite de ce type de réunion :
– n’indiquez jamais l’objectif de votre présentation ni sa durée, car de toutes les façons vous ne les respecterez pas !
– rédigez vos supports d’animation powerpoint comme si vous rédigiez un rapport administratif : plus les caractères sont petits et les phrases longues, plus vous serez sûrs que le public ne pourra lire et ainsi vous serez tranquille !
– si un membre de l’auditoire vous pose une question ou formule une objection, considérez cela comme une attaque personnelle, répondez agressivement, justifiez-vous, voire même ignorez sa question c’est la meilleure façon de lui faire comprendre que l’orateur c’est vous !
– au lieu de regarder le public, fixez intensément l’écran ou mieux encore le bout de vos chaussures, car elles au moins elles ne vont pas vous contredire !
– utilisez pléthore d’acronymes et d’abréviations : c’est quand même à l’auditoire de venir avec un dictionnaire ou un décodeur, après tout ce n’est pas votre problème s’ils n’ont rien compris !
– et enfin, il est toujours préférable de ne pas engager de dialogue avec vos interlocuteurs, vous évitez ainsi les malentendus et les non dits, vous n’allez quand même pas leur demander leur avis !

Poisson d’avril !!

Vous l’aviez compris ! ces 6 soi-disant conseils devraient plutôt s’intituler « Les 6 erreurs à ne surtout pas commettre ». J’en appelle à votre âme d’enfant et votre sens de l’humour pour ne pas m’en tenir rigueur et surtout gardez vous de faire tout ce qu’il ne faut pas faire….
Elizabeth Gauthier

Le World Café, j’ai testé pour vous…

Le world café est une méthodologie conviviale basée sur l’intelligence collective qui permet de traiter de sujets importants dans une atmosphère informelle avec des règles formelles.
Le concept de « World Café » est né en 1995 à l’occasion d’une réunion internationale. Les travaux issus de cette réunion ont servi de base aux fondateurs de la méthode Juanita Brown et David Isaacs.
C’est une expérience vraiment riche et probante. Les travaux qui sont sortis sont pertinents et vont permettre de travailler sur les contenus pour déterminer des plans d’actions.
En pratique comment cela marche ?
L’animateur ou « l’hôte » du café présente le concept et a préparé en amont les 3 ou 4 questions simples et efficaces sur lesquelles les participants travailleront.
En fonction du nombre de participants, (minimum 12 pour faire 4 tables de 3 personnes) des tables sont dressées, nappe en papier ou paper board, des stylos feutres, des marqueurs.
A chaque table est nommé un modérateur qui a pour objectif de synthétiser ce qui est dit à la table pour chaque question et de faire une restitution à l’assemblée en fin de production.
Les participants choisissent leur table et répondent à la question numéro 1. Ils peuvent dessiner, écrire, noter toutes les idées. Il n’y a pas de censure, de discussion sur le bien fondé de l’idée émise : une idée n’est pas meilleure qu’une autre. Au bout de 15 à 20 minutes on s’arrête. Les participants se dirigent alors vers les autres tables. Seul le modérateur reste à la table. Il fait une brève synthèse à la nouvelle tablée. Le nouveau groupe travaille la question 2 et ainsi de suite jusqu’à la dernière question.
Une restitution est faite à l’assemblée en utilisant comme support les nappes de papier afin de ne rien oublier.
A partir des contenus recueillis, un travail de synthèse est réalisé par les modérateurs et les organisateurs (l’hôte du café et son client) pour hiérarchiser les thèmes et proposer des plans d’actions.
A essayer d’urgence !

Marine Cousin-Bernard

Pour en savoir plus rendez-vous sur

Les « best practices », promesses de bonheur ?

Pendant les formations, sur tous les sujets, nous mettons en commun, entre participants, les pratiques, outils, trucs, que chacun a essayés, éprouvés, réussis. On appelle couramment cela les « best practices ». Celles-ci sont parfois reprises, regroupées, classées dans l’intranet de l’entreprise, accessibles dans un dossier partagé, en tout cas remisées précieusement car elles constituent une « expérience » propre à l’entreprise qu’il serait dommage de perdre.

On rassemble ces pratiques aussi parfois dans le « knowledge management », la gestion des connaissances, qui recouvre les savoir, savoir-faire et usages d’une entreprise.

Ces échanges de bons tuyaux sont ils une promesse de bonheur ? de réussite ? y a t’il toujours des choses à dire, lorsqu’on est en formation, sur ce qui a fonctionné ? Comment se sent-on lorsque, justement, on n’a pas de bonnes pratiques mais plutôt des mauvaises pratiques dans lesquelles on se perd ? Des doutes qui nous assaillent et nous tétanisent ? Une image de soi dévalorisante, dévalorisée ? Quel espase social d’expression nous est réservé, si on ne peut exprimer, en formation, que ses essais réussis ?
Le coaching individuel, espace confidentiel, peut présenter un espace pour mettre à plat ses difficultés.

La formation aussi, selon moi, dès lors que la bienveillance est en place et que l’echange de pratiques est présenté comme une recherche collective de solutions aux difficultés rencontrées par les pairs. Ainsi une pratique managériale vertueuse, comme par exemple « faire participer à tour de rôle les collaborateurs lors des réunions de service, en présentant un thème précis » fut récemment une réponse constructive (et utilisable par d’autres dans le futur) à la question d’un manager désorienté par la passivité de ses équipes, équipes peu responsabilisées car la confiance mutuelle était perdue.

Pas une « promesse de bonheur » systématique et facile à classer dans un intranet, donc, mais une réponse adaptée d’un pair à un pair.

Valentine Chapus-Gilbert

Quelle est la différence entre un membre d’une équipe projet et un expert consulté ?

Pour moi deux facteurs distinguent essentiellement le rôle d’un membre d’une équipe projet et celui d’un expert consulté.
le membre d’une équipe projet est désigné pour apporter une contribution au projet, correspondant à son domaine de compétence : sa spécialité. S’il est nommé membre d’une équipe, cela signifie qu’il ne peut produire cette contribution seul de manière isolée. Il va devoir travailler avec d’autres personnes pour un objectif commun. Il doit en quelque sorte concourir à résoudre collectivement une problématique dont le périmètre et les composantes sont plus larges que son champ d’intervention habituel, d’où la nécessité de coopérer avec d’autres intervenants pour qu’ensemble ils aient une appréhension exhaustive de la problématique. C’est pourquoi il doit être compétent et disponible pour garantir la bonne exécution du projet, mais aussi démontrer son aptitude au travail collectif et au fonctionnement de groupe.
– l‘expert apporte une réponse pointue à une question précise. En ce sens, il fournit un appui ponctuel sur sollicitation de son avis ou connaissance pour conforter une décision ou nourrir une réflexion. Le demandeur n’est pas tenu de prendre en compte obligatoirement l’avis de l’expert. Dans le même esprit, l’interlocuteur consulté n’a pas à s’en offusquer. On peut voir là une forme de maturité dans le mode de fonctionnement.

Elizabeth Gauthier

Négocier au quotidien

De son enfance à l’âge adulte, l’homme passe sa vie à négocier. L’enfant négocie avec ses parents la possibilité de regarder un film à la télé. L’adolescent, l’autorisation de sortir toute la nuit, le salarié expérimenté une augmentation de salaire. Le chef de projet au quotidien doit négocier avec les membres du comité de pilotage pour convenir d’un budget supplémentaire ou bien avec ses co-équipiers pour se mettre d’accord sur la forme d’un livrable. Sans parler des consultants, dont je suis, qui négocient un contrat au tarif journalier à la hauteur de la qualité de leurs prestations. J’emploie volontairement les mots de convenir, se mettre d’accord, car c’est bien l’atteinte d’un objectif commun qu’il faut viser dans un processus de négociation. 2 ou plusieurs interlocuteurs sont à la recherche d’un accord à partir d’enjeux divergents et sur lesquels chacun des acteurs va s’efforcer de faire des concessions.
Pour y parvenir, commencez toujours un entretien de négociation par valider votre objectif commun : exemple d’une situation de négociation entre un acheteur et un consultant : » nous nous rencontrons aujourd’hui à votre demande afin de trouver ensemble des modalités de coopération qui prennent en compte votre préoccupation de diminution de coûts tout en tant préservant mes intérêts en tant que partenaire ». Ce type de formule manifeste une attitude de recherche de solution tout en exprimant son propre besoin. Ensuite, pensez à questionner votre interlocuteur : « quels sont vos critères pour faire baisser vos coûts ? » car ce n’est peut-être pas le prix qui est le plus important. Bien sûr en fonction des limites que vous vous êtes fixées (ce qui est négociable de ce qui ne l’est pas), avancez progressivement dans votre négociation en synthétisant les points d’accord.
Mon expérience récente d’une négociation pour laquelle je m’étais bien préparée en me faisant coacher (j’en profite pour remercier mon coach Dominique, ses conseils m’ont été précieux) ,m’a une fois de plus prouvé que négocier est avant tout une affaire de psychologie : adopter une attitude d’ouverture plutôt que chercher à convaincre à tout prix, écouter avec empathie et non pas réagir au quart de tour, ne pas se justifier mais plutôt mettre l’autre en valeur;

Elizabeth Gauthier